11ème festival "graphisme dans la rue" Fontenay-sous-Bois
Kunsthochschule Berlin-Weissensee
Les sept péchés capitaux


L’avarice : comportement de l’avare.
Avare(adj. et n.) : qui a de l’argent et refuse de le dépenser, même utilement. >avaricieux, chiche, pingre, radin.
Contr. : générosité, largesse, prodigalité.

La colère : violent mécontentement, accompagné d’agressivité. >courroux, emportement, irritation, rage, rogne.
Contr. : calme, douceur.

L’envie : sentiment de tristesse, de haine contre ceux qui possèdent un bien. >jalousie : éprouver de l’envie pour un rival heureux.

Gourmandise : défaut de quelqu’un qui est gourmand. Gourmand : qui aime la bonne nourriture, mange par plaisir.

Luxure : goût immodéré, recherche et pratique des plaisirs sexuels. >impureté, lascivité, lubricité.

Orgueil : opinion très avantageuse, le plus souvent exagérée qu’on a de sa valeur personnelle au dépens de la considération due à autrui. >arrogance, présomption, suffisance.
Contr. : humilité, modestie.

Paresse : goût pour l’oisiveté, comportement d’une personne qui évite l’effort. >fainéantise, flemme.
Contr. : effort, activité.

(D’après “le Robert”, Dictionnaire d’aujourd’hui).



“Tout ce qui est bon, est soit interdit, soit fait grossir”

Un peu à côté, non?

À première vue, si. Nous aurions pu titrer plus directement, par ex. : “vivre ensemble dans la ville”. Ou plus poétiquement : “les Alices dans les villes.” Ou sérieusement : “problèmes relationnels entre les citadins des grandes villes et de leur banlieues”. Ou “inventons la cité idéale”. Ou “le bonheur?”...
Nous avons préféré l’ambiguïté des péchés dits “capitaux” qui sont des péchés “mortels” en allemand.
La luxure, la paresse... sont des termes “janusiens”, qui imprègnent – comme les vertus – depuis toujours la cohabitation entre les hommes.
Pour le meilleur et pour le pire.
Prenons la paresse : dans nos sociétés hyperactivistes, être soupçonné de paresse vous colle presque une étiquette de délinquant.
Vous êtes un parasite, vous vous reposez sur le dos des autres, vot Nre j’m’en-foutisme mine la société entière.
Mais d’un autre côté l’état de paresse est désiré par beaucoup de monde. Quel beau rêve, ce paradis qui permettra enfin un farniente absolu et heureux?

Notre workshop, qui depuis maintenant deux années ouvre le semestre d’hiver, a lieu dans un ancien manoir au fond du Land de Brandebourg, non loin de la frontière polonaise, loin des turbulences des métropoles. Il est ouvert à tous les étudiants en communication visuelle et aussi, dans la limite des places disponibles, aux étudiants des autres disciplines et aux étudiants étrangers invités.

Limité à une petite semaine, il peut difficilement produire des résultats graphiques parfaits, ni dans le fond ni dans la forme. Il est plutôt une séance de réchauffement cérébral, imagier... et de convivialité.

Cette année (2003), la présentation des projets au dernier jour du workshop faisait fonction d’un pré jury.
Parmi les 35 propositions d’affiches plus ou moins élaborées nous en avons retenu une quinzaine, souvent avec l’obligation faite aux auteurs de pousser leur idée ou sa réalisation plus loin...

Vers la fin du semestre enfin, un jury composé des responsables de “Graphisme dans la rue”, Philippe et Évelyne Chat, de deux graphistes internationalement connus, Andréa Töpfer et Henning Wagenbreth et de l’étudiante fraîchement diplômée Simone Wanner, avait la lourde tâche de choisir les images à imprimer.

Dans les cas de “la luxure” et de “l’orgueil” c’était le trop plein de projets intéressants. Mais aucune proposition concernant “la paresse” n’arrivait à convaincre les jurés. La première idée était alors de transposer “la pare sse” sur le papier, sur les murs. C’est-à-dire : ne rien imprimer, coller du blanc.
Ou bien – et c’était la solution retenue – de rouvrir la compétition pour “la paresse”.

Alex Jordan, Matthias Gubig*


P.S.: il faut souligner que le workshop n’a pas été seulement “animé” par les profs mais aussi par des étudiants suisses de Bâle et de Luzerne et surtout par les trois étudiantes françaises venues directement de Paris et de Strasbourg.
Leurs connaissances des spécificités de la situation française – pas seulement en ce qui concerne les banlieues – étaient pour le réalisme du workshop un important “détail”.