«Bois se dit madeira en portugais. Madeira est associé à Matéria. Madeira-matéria-matter.
Ce sont des mots qui nous renvoient à une présence du corps et à l’origine des choses.
Ce travail est né ici, au Bois de Vincennes. J’ai commencé par collectionner les branches des arbres qui étaient tombées par terre. Des branches fines, lisses, rêches, longues et tordues. Je les ai sélectionnées, récoltées et ordonnées. Les rubans colorés m’ont servi à créer une nouvelle structure pour ces branches de bois, comme une sorte d’écriture qui mélange mémoire et espoir. Etant brillants, ces rubans semblent même humides.
Ces rubans, quand je les attachais, m’ont évoqué des souvenirs : les fêtes populaires au Brésil, comme celle de l’église du Bonfim, où l’on porte un ruban de couleur pour signifier l’espoir. Mais aussi les serpentins que l’on lance pendant le Carnaval, et dont on suit les traces dans l’air avant qu’ils ne tombent par terre. Ces souvenirs accompagnaient les gestes répétitifs qu’il m’a fallu accomplir pour nouer ces branches rappelant d’autres gestes et d’autres souvenirs me donnant l’impression d’accomplir une sorte de rituel.
Je crois que les rapports entre ce travail et le Carnaval sont plutôt ludiques, ils sont liés à une envie de réorganiser des choses, de jouer, de donner un rythme à un monde trop figé, de faire danser l’ordre du monde! Depuis déjà 10 ans, mon travail reste profondément lié à une géométrie qui veut mettre en évidence la démesure des choses en leur donnant précisément un certain cadre.»